Redémarrer une mobylette sortie de grange: toutes les étapes

motobecane 51v

J’en ai parlé très récemment dans un article dédié à la Motobécane 51V, retrouver une mobylette oubliée dans une grange c’est comme déterrer un vrai petit trésor. Couverte de poussière, rouillée et évidemment sans étincelle à la bougie elle porte avec elle des souvenirs d’une époque où l’on roulait cheveux au vent sur les chemins de campagne.

Mais avant de pouvoir entendre à nouveau son petit moteur deux-temps pétarader, il faut passer par une étape essentielle : la remise en route. Redémarrer une mobylette après des années d’immobilisation demande méthode, patience et quelques gestes techniques précis. J’ai listé ici toutes les étapes par lesquelles je passe quand je redémarre un vieux moteur, cela vaut évidemment spécifiquement pour une mobylette mais on peut partir du principe que nos vieilles voitures méritent la même attention 😉


Comme souvent, pris dans l’excitation de revoir la belle bleue redémarrer, je n’ai pas pris toutes les photos et vidéos pour illustrer le redémarrage mais je me rattraperais bientôt!


Diagnostic initial : évaluer l’état de la mobylette

La première étape consiste à observer la mobylette telle qu’elle est, sans essayer de la démarrer tout de suite. L’inspection extérieure permet de repérer la corrosion sur le cadre, l’état des chromes et l’usure visible des pièces. Les pneus racontent eux aussi leur histoire : après des années, ils peuvent être craquelés, déformés ou complètement à plat. Une roue qui ne tourne pas librement peut signaler un problème de roulement ou un frein collé.

Il faut aussi jeter un œil au châssis et aux éléments mécaniques visibles. Les freins, les câbles, les leviers et la suspension doivent être testés doucement. Quant au moteur, il convient de vérifier s’il est libre en essayant de le faire tourner à la main. S’il reste bloqué, inutile d’insister : il est peut-être grippé et nécessitera une attention particulière avant d’espérer redémarrer.


Carburant, réservoir et carburateur : préparer l’alimentation

Le carburant est souvent le premier problème rencontré. L’essence qui dort dans un réservoir depuis des années n’a plus rien à voir avec du carburant frais. Elle se décompose, dégage une odeur acre et laisse des dépôts qui attaquent le métal. Il est donc indispensable de vidanger complètement le réservoir et de le nettoyer. Dans certains cas, la rouille s’est installée à l’intérieur et un traitement spécifique s’impose pour éviter que de nouvelles particules n’obstruent le circuit.

Le carburateur sera lui aussi à démonter et à nettoyer. Sa cuve peut contenir un mélange collant qui bouche les gicleurs. Un simple soufflage ne suffit pas toujours, il faut parfois un bain de nettoyage ou un passage aux ultrasons pour retrouver une carburation efficace. Mais avant de démonter cette partie là, je préfère quand même tester si tout fonctionne « dans l’état »

Enfin, au moment de remettre de l’essence, il est préférable de choisir un carburant adapté, on va bien évidemment éviter le E10 trop agressif pour les joints anciens et prendre le temps de bien doser le mélange 2T recommandé pour la 51. Ici je suis parti sur un mélange à 4% classique.


Huile, lubrification et pièces internes

Un moteur qui a dormi des décennies a besoin de soins particuliers avant de repartir. Si le moteur est difficile à tourner ou grippé, on se force pas et on verse quelques gouttes de lubrifiant dans le cylindre par le trou de bougie pour protégrer les parois avant les premiers tours de piston. Dans mon cas, aucun problème après 10 ans d’immobilisation, le moteur tournait parfaitement dès la sortie de grange donc pas de stress de ce coté.

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Les pièces en mouvement, comme les câbles, les axes de roues ou la chaîne, doivent recevoir un dégrippant. Les roulements et joints en caoutchouc méritent une attention particulière : au fil du temps, ils se dessèchent, se craquellent et perdent leur efficacité. Les durites de carburant, si elles sont rigides ou fendues, doivent être changées avant même de tenter un démarrage. Dans le cas de la Motobécane, évidemment, tout est quasi cuit mais je laisse ça de coté pour plus tard, j’aime bien ce coté poussiéreux !


Système électrique

Le faisceau électrique de la motobécane, bien que très sommaire, mérite lui aussi un contrôle minutieux. Les connecteurs oxydés, les fils craquelés et les isolations abîmées sont fréquents.

La bougie est une pièce essentielle : elle doit être propre, en bon état et correctement écartée. C’est la première chose à controler avant même d’espérer redémarrer la bête.


Démarrage : les premières étapes

Pour ce premier redémarrage de la mobylette après 10 ans d’arrêt, voici les étapes que j’ai suivies:

  1. Regonflage des pneus, ils seront à changer mais c’est tout de même plus pratique pour la déplacer 😉
  2. Vidange réservoir (ça a pas été long, il était vide)
  3. Nouveau mélange, essence neuve
  4. Nouvelle bougie, test d’étincelle
  5. Contrôle des durites d’essence et de l’arrivée d’essence au carbu
  6. Contrôle carbu et admission d’air et changement du filtre qui partait en poussière (aucune chance de démarrer et surtout grand risque d’empirer les choses)
  7. Contrôle du cable de décompression et d’entrainement du volant moteur
  8. Premier test de démarrage !

Sécurité et contrôle de roulage

Une mobylette qui redémarre n’est pas encore prête à prendre la route. Les freins doivent être testés avec soin, car les garnitures peuvent être vitrifiées ou collées. Les câbles doivent coulisser sans résistance. Les pneus, même s’ils semblent encore tenir la pression, sont souvent trop vieux pour être fiables. L’éclairage doit fonctionner correctement, surtout si l’on prévoit de rouler de nuit.

Avant de se lancer sur plusieurs kilomètres, il est prudent de faire un court essai à basse vitesse, sur un chemin sûr, pour s’assurer que tout répond correctement. La photo de l’article a été prise lors du premier test de démarrage, montrant que ça a été plus facile que prévu, le démarrage s’est fait quasiment aux premiers tours de roue. Mais la liste des choses à vérifier / changer est tout de même longue:

  • Le mélange semble être trop pauvre, starter obligatoire quand j’ouvre les gaz à fond sinon le moteur étouffe donc un contrôle carbu et prises d’air est à faire
  • Le frein arrière est fatigué
  • Je n’ai pas d’éclairage ni klaxon
  • Cable compteur à changer
  • 2 pneus à changer
  • Gaines de frein + cable de décompression à faire

Entretien après redémarrage

Une fois la mobylette réveillée, l’entretien régulier devient essentiel pour éviter de repartir de zéro quelques mois plus tard. Il faut penser à changer l’huile à intervalles réguliers, utiliser un carburant de bonne qualité et rouler suffisamment souvent pour que le moteur reste en forme. Le stockage doit aussi être repensé : un endroit sec, une housse de protection et un réservoir vidé avant un long arrêt sont les meilleures garanties d’un prochain redémarrage sans souci.


Coût estimatif et durée

La remise en route d’une mobylette sortie de grange n’est pas forcément ruineuse, mais elle a un prix. Une bougie neuve, quelques joints, une durite et de l’huile 2T représentent déjà une cinquantaine d’euros. Si les pneus et les freins doivent être changés, la note grimpe facilement. Quant au temps à prévoir, il varie de quelques heures pour un modèle bien conservé à plusieurs jours si le moteur est grippé et nécessite un démontage complet.

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FAQ – Redémarrer une mobylette après une sortie de grange

Ma mobylette ne démarre pas après des années d’arrêt, que faire en premier ?
La première étape consiste à ne surtout pas forcer le démarrage. Il faut vérifier si le moteur tourne librement à la main, vidanger le réservoir, nettoyer le carburateur et contrôler l’allumage avant toute tentative.

Est-ce dangereux d’utiliser l’essence restée dans le réservoir ?
Oui, l’essence vieille se dégrade, perd son pouvoir d’allumage et laisse des dépôts corrosifs. Elle doit être systématiquement vidangée et remplacée par un carburant frais, adapté aux moteurs anciens.

Comment savoir si le moteur est grippé ?
Un moteur grippé ne tourne pas du tout, même en actionnant doucement le pédalier ou le kick. Dans ce cas, il faut injecter du lubrifiant par la bougie, laisser agir, puis tenter de le débloquer progressivement.

Faut-il changer l’huile avant le premier redémarrage ?
Oui, une huile qui a stagné perd ses qualités et peut abîmer le moteur. Faire une vidange et mettre de l’huile neuve est indispensable pour éviter un serrage.

Quels éléments en caoutchouc dois-je surveiller ?
Les durites d’essence, les joints, les membranes de carburateur et même les poignées peuvent être fissurés ou durs après une longue immobilisation. Tout élément poreux doit être remplacé.

Ma mobylette a encore sa batterie d’origine, est-ce récupérable ?
Il est très rare qu’une batterie survive à plusieurs années d’inactivité. Même si elle accepte une charge, elle tiendra difficilement. Le mieux est de la remplacer par une neuve adaptée.

Comment nettoyer un carburateur encrassé par l’essence vieille ?
Il faut le démonter, vider la cuve, souffler les gicleurs et, idéalement, le passer dans un bac à ultrasons. Cette opération garantit un mélange air-essence propre au redémarrage.

Dois-je changer les pneus avant de rouler ?
Des pneus craquelés ou durs sont dangereux, même s’ils tiennent la pression. Pour la sécurité, il est préférable de les remplacer avant de reprendre la route.

Quels contrôles de sécurité sont indispensables avant de rouler ?
Les freins doivent être efficaces, les câbles libres, la chaîne lubrifiée, l’éclairage opérationnel et les pneus en bon état. Un essai à basse vitesse permet de valider la remise en route.

Combien coûte une remise en route de mobylette sortie de grange ?
Tout dépend de l’état initial. Un redémarrage basique avec bougie, vidange, carburant et joints peut coûter moins de 100 euros. Si les pneus, freins et batterie sont à remplacer, l’addition peut rapidement dépasser les 200 à 300 euros.

Combien de temps faut-il pour remettre en route une mobylette oubliée ?
Pour une machine en bon état, quelques heures suffisent. Mais si le moteur est bloqué ou que les pièces sont abîmées, la remise en route peut s’étaler sur plusieurs jours, voire nécessiter une restauration plus poussée.

Une mobylette oubliée depuis 20 ou 30 ans peut-elle vraiment redémarrer ?
Oui, à condition que le moteur ne soit pas trop endommagé et que l’on procède avec méthode. De nombreux passionnés réussissent à redonner vie à des modèles qui n’avaient pas tourné depuis plusieurs décennies.


Conclusion

Redémarrer une mobylette après une sortie de grange est à la fois un défi technique et un moment d’émotion. Avec de la méthode, un peu d’outillage et beaucoup de patience, il est possible de faire renaître un deux-roues oublié et de retrouver les sensations uniques des balades d’autrefois. C’est aussi une fierté de pouvoir rouler avec cette mobylette qui m’aura accompagné sur de si nombreux trajets et de pouvoir faire découvrir les rudiments de la mob aux enfants, surtout avec cette nouvelle selle biplace rutilante ! Prochaine étape, j’ajoute une remorque vélo et on part à l’aventure 🙂

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