Si vous lisez ces lignes, c’est que vous êtes un minimum curieux d’en savoir plus sur mon parcours, mes choix et les véhicules qui m’ont permis de m’entrainer à la rénovation automobile sans (trop) d’erreurs. Mais ce sont surtout une succession de pannes, d’erreurs, et de découvertes qui font que je me suis décidé à coucher sur le papier mes quelques expériences qui pourront servir à d’autres !
Quand on est jeune…
On a envie que ça aille vite, que les désirs se transforment rapidement en concrêt et si possible avec peu d’effort. Et quand on se heurte au mur de la réalité, on est obligé d’apprendre.
Adolescent, j’ai vu mon père faire l’entretien de ses voitures lui même, et j’aurai bien aimé m’en servir de légende pour bâtir mon storytelling mais en fait ça ne m’intéressait pas trop.
Ce qui m’intéressait, même si je ne l’exprimait pas comme cela, c’était plutôt le design des voitures. Le fait que certains modèles de voitures me faisaient, sans même les voir rouler, ressentir quelque chose. J’observais donc les voitures, dans les rassemblements, les salons et je me forgais peu à peu une sorte d’idéal pour quand j’aurai enfin le droit de rouler seul.
Et cet idéal ne s’est jamais traduit par une quête de vitesse, d’agressivité ou encore de bling bling mais plutôt de recherche de praticité, de simplicité et de sympathie. Cela vient sans doute du fait que ma madeleine de proust automobile remonte aux longs voyages en VW T3 familial dans lequel nous traversions la France, mes parents devant, mon frère et ma soeur allongés dans le clic clac à l’arrière, les oreilles collées au 1L6 TD et son doux ronronnement.
Ca plus le fait qu’il me fallait un outil pour aller facilement sur les spots de windsurf et surf de la Normandie et de la Bretagne, le VW T3 était l’arme toute trouvé à l’époque (les années 2000) pour rouler cool, différent et sans craindre les radars!
Ce (premier) T3 a été déniché au nord de l’Allemagne, à 1000km de mon lieu de résidence, dans les stocks de l’armée. Un périple de 15h de bus, 3000€ en liquide dans le portefeuille, un anglais approximatif coté vendeur comme coté acheteur, mais un superbe fleuron de l’automobile allemand en vert armée, équipé de son porte mitraillette et de ses bâches militaires, la vente a été rapidement expédiée, sans respecter un seul instant la base de comment acheter une voiture ancienne !
Résultat, le karma frappera sous forme d’une culasse fendue et 1500€ à rajouter à l’achat à l’arrivée, ce qui fut un moindre mal considérant que le reste de la mécanique et de la caisse était plutôt saine.
Quelques années, les besoins financiers d’un jeune couple se faisant ressentir, le T3 fut revendu pour une voiture normale et quand même l’envie de retrouver un peu de vieille tôle pour se faire la main. Un nouveau T3 fera son apparition quelques années plus tard pour combler les besoins de la famille qui s’est agrandie 🙂
En plus de la voiture principale, la première 2cv fit son apparition en 2010 dans la famille avec toujours l’idée d’avoir un véhicule plaisir, pas parfait mais fonctionnel. Les premières grosses sessions de restauration très amateure pouvaient démarrer avec le démontage, le traitement et la peinture puis le changement de la boite de vitesse avec l’aide d’un passionné du coin.
Cette étape marquera une première prise de conscience dans ma capacité à faire des choses que je pensait inaccessible à tout « non garagiste ». C’est d’ailleurs encore aujourd’hui une quête qui m’anime et qui me procure du plaisir !
Prendre conscience que certains véhicules ont été conçus de la manière la plus simple possible, pour des réparations faciles m’a définitivement orienté vers la rénovation et l’entretien de véhicules anciens.
C’est d’ailleurs un grand conseil pour ceux qui veulent se lancer dans l’acquisition et la restauration de voitures anciennes, n’ayez pas peur de vous lancer !
La 2cv a été mise sous bâche pendant 5 ans à l’occasion d’une expatriation outre-Atlantique, et on reviendra sur les conditions de stockage et d’hivernage car la surprise a été de taille quand il a fallu se lancer dans une nouvelle et longue restauration de 2cv .
5 ans de voyage donc à stocker un T3, une 2cv et une golf1 qui avait été achetée comme daily et qui ne nécessitait pas de travaux particuliers hormis l’entretien courant. L’achat d’une ancienne pour rouler tous les jours est d’ailleurs un autre sujet à aborder.
A ce stade, je peux dire que je me considérais comme un bricoleur débutant, n’étant pas autonome pour des restaurations complètes mais ayant au moins les bases sur le fonctionnement de chaque organe de mes voitures et commençant à avoir l’étincelle sur la préservation de certains modèles qui me plaisent depuis l’adolescence ou qui me semblent de bons placements pour l’avenir.
C’est d’ailleurs souvent la charnière 35-45 ans qui permet de passer le pas de la collection pour de nombreuses personnes, avec la prise de conscience que la voiture est, en plus d’un plaisir, un objet de patrimoine et aussi un placement. J’aime d’ailleurs cette notion de 3P de l’automobile qui résume bien les 3 grandes motivation pour se lancer dans la collection.
Quand on grandit
La maturité est une bonne chose pour nos anciennes 😉 Prendre conscience que la précipitation est l’ennemi d’une bonne restauration est un pas très important, surtout pour un profil impatient comme le mien ! La découverte des dégats que peuvent faire une mauvaise restauration (souvenez vous la 2cv) et d’un mauvais stockage font prendre conscience qu’il vaut quelques fois mieux recommencer de la base et réapprendre à prendre son temps.
En parallèle de la restauration de la 2cv malade, deux véhicules ont rejoint le garage avec une vocation plaisir & patrimoine, une 304 cabriolet sport et une Ondine qui roulent régulièrement, pour des balades mais aussi pour des événements, des rassemblements ou des mariages.
L’apprentissage se poursuit encore aujourd’hui avec de la mécanique toujours plus autonome et avec enfin l’acquisition de bons outils pour bien travailler).
Comme les youngtimers ont la cote et qu’il me manquait d’un véhicule passe partout, un petit 4X4 nippon a rejoint la famille, le suzuki samurai dans sa version carbu qui est un labo extraordinaire tant les pièces sont simples, accessibles et facilement démontables !
L’idée de monter un site pour présenter tout cela et diffuser quelques conseils a donc germé au fur et à mesure de ma restauration autonome. A chaque nouvelle étape de franchie je me disais « il faudrait que j’écrive ce que je viens de faire pour que ça puisse servir à d’autres », si c’est le cas, ça sera déjà pas mal 😉


