La Renault Ondine de 1961 fait partie de ces modèles parfois oubliés, mais qui méritent une place de choix dans le patrimoine automobile français. Produite sur une courte période, cette petite berline dérivée de la Dauphine visait à proposer un modèle plus raffiné, mieux équipé, sans toucher à la recette technique déjà éprouvée. Retour complet sur son histoire, son design, ses spécificités mécaniques et tout ce qu’il faut savoir pour les passionnés, curieux ou futurs collectionneurs.
L’histoire de la Renault Ondine : une réponse stratégique à Fiat
À la fin des années 1950, Renault connaît un énorme succès avec la Dauphine, qui s’exporte bien, notamment aux États-Unis et en Italie. Mais voilà : Fiat vient de sortir la Fiat 1100, plus puissante et mieux finie. Renault décide donc de créer une version « haut de gamme » de sa Dauphine, plus élégante, plus équipée, et surtout pensée pour les clients européens exigeants.
Lancée en 1961, la Renault Ondine ne durera que deux petites années, jusqu’en 1963. Son nom évoque l’eau, la grâce, la féminité – une stratégie marketing claire visant les clientes urbaines, jeunes ou mères de famille. Un peu comme Peugeot avec la 404, Renault souhaitait positionner sa marque dans le créneau du confort accessible.
La Renault Ondine de 1961 a une histoire plus riche qu’il n’y paraît, et plusieurs anecdotes de conception ou de stratégie marketing méritent d’être racontées:
Un nom qui a failli être différent
Renault hésitait à baptiser le modèle « Ondine ». Plusieurs noms féminins avaient été envisagés pour renforcer son image « élégante et raffinée », notamment « Éliane » et « Mélodie ». Finalement, « Ondine » fut choisi car il évoquait à la fois la fluidité, la légèreté et la grâce des nymphes aquatiques de la mythologie. Une manière de contraster avec la plus populaire et plus rustique Dauphine.
Une boîte 4 vitesses réservée à la Gordini… au départ
L’Ondine classique n’avait qu’une boîte 3 vitesses. Renault savait pourtant qu’une boîte 4 serait un vrai atout pour le confort sur route. Mais pour des raisons de positionnement marketing, la marque a préféré la réserver d’abord à la version Ondine Gordini, afin de justifier un prix plus élevé. Beaucoup de collectionneurs aujourd’hui installent une boîte 4 d’époque sur les Ondine classiques.
Un tableau de bord pensé comme un argument commercial
Alors que la Dauphine était critiquée pour sa présentation jugée trop « austère », l’Ondine a bénéficié d’un soin particulier sur son tableau de bord : incrustations chromées, volant deux branches plus raffiné, et instrumentation mieux lisible. Renault avait compris que la clientèle visée (plus bourgeoise et urbaine) achetait autant avec les yeux qu’avec la raison.
L’exportation vers les pays nordiques
Peu de gens le savent, mais une partie des Ondine a été exportée vers la Norvège, la Suède et la Finlande, avec quelques adaptations : chauffage renforcé et traitement anticorrosion particulier. Cela prouve que Renault cherchait à positionner l’Ondine comme un produit plus international que la Dauphine, même si cette ambition n’a pas complètement fonctionné.
Un modèle produit… en Espagne
Une partie de la production de l’Ondine fut réalisée par FASA-Renault en Espagne, notamment pour alimenter les marchés locaux et sud-américains. Ces modèles « made in Valladolid » présentaient parfois de légères différences de finition, ce qui les rend aujourd’hui encore plus intéressants pour les collectionneurs.
Un essai publicitaire audacieux
Renault a tenté une campagne publicitaire où l’Ondine était comparée à une voiture de luxe en miniature. On la voyait stationnée à côté de modèles prestigieux (Jaguar, Mercedes) pour souligner que, malgré son gabarit et son prix, elle offrait « le confort et l’élégance d’une grande ». Une audace marketing assez rare pour l’époque, qui a marqué certains acheteurs.
La voiture préférée des auto-écoles
Grâce à sa mécanique simple et à sa douceur d’embrayage, l’Ondine a été très utilisée par les auto-écoles françaises au début des années 60. Beaucoup de conducteurs de l’époque ont donc passé leur permis derrière son volant. C’est un petit bout de mémoire collective automobile !

Un design très proche de la Dauphine… mais plus chic
Extérieurement, l’Ondine ne diffère que très peu de la Dauphine. Même silhouette tout en rondeurs, même gabarit compact, mais quelques détails la distinguent :
- Baguettes chromées supplémentaires
- Pavillon peint en ton contrasté (en option)
- Jantes spécifiques
- Et surtout un logo “Ondine” élégant sur l’aile avant
À l’intérieur, Renault améliore nettement la présentation : sellerie plus raffinée, moquette au sol, tableau de bord mieux fini, et présence (selon les versions) d’un autoradio et d’un allume-cigare – un luxe à l’époque !
Spécificités mécaniques : la fiabilité avant la puissance
Sous le capot, l’Ondine reprend la même mécanique que la Dauphine, à savoir :
- Moteur Cléon-Fonte 845 cm³ à 4 cylindres en ligne
- Puissance : 32 ch DIN
- Boîte manuelle à 3 vitesses pour les premiers modèles, puis à 4 vitesses sur les versions Ondine Gordini (très rares et recherchées)
- Propulsion arrière, moteur en position arrière
Performances :
- Vitesse max : 115 km/h
- 0 à 100 km/h : ~32 secondes
- Consommation : entre 6,5 et 8 L/100 km
Ce n’est pas un foudre de guerre, mais pour l’époque, elle répondait aux attentes d’une voiture familiale citadine, capable d’enchaîner les kilomètres avec fiabilité.
Un comportement routier équilibré mais sensible
La Renault Ondine, comme la Dauphine, est connue pour ses suspensions souples et son confort de roulage, notamment en ville. Mais son architecture tout à l’arrière (moteur + propulsion) engendre une répartition des masses atypique, avec un train avant léger… et un train arrière joueur.
En conduite appuyée ou sur route mouillée, le survirage pouvait surprendre les conducteurs non avertis. Cela n’en faisait pas moins une voiture agréable à mener, à condition de respecter ses limites.
Une production limitée… et donc un vrai collector
Entre 1961 et 1963, Renault produit environ 240 000 exemplaires de l’Ondine toutes versions confondues, dont une grande majorité pour le marché français. La version Ondine Gordini, plus puissante (40 ch DIN), n’a été produite qu’à quelques milliers d’exemplaires, ce qui en fait une pièce très recherchée aujourd’hui.
Beaucoup d’Ondine ont disparu dans les années 70-80, souvent considérées comme “des Dauphine améliorées”, et donc laissées à l’abandon. Aujourd’hui, il resterait moins de 2 000 exemplaires roulants en France, souvent chez des collectionneurs passionnés.
Anecdotes autour de la Renault Ondine
1. Une voiture “féminine” pensée par des hommes
La Renault Ondine visait un public féminin, ce qui transparaît dans son nom, son style doux, et ses équipements. Mais ironiquement, elle fut conçue par une équipe 100 % masculine, dans une époque où l’on pensait encore que les femmes préféraient des voitures « élégantes mais simples ». Une campagne publicitaire de 1961 la présentait comme “la voiture qui comprend les femmes”… avec beaucoup de paternalisme dans le ton.
2. Une concurrente indirecte de la Simca Aronde P60
Renault ne l’a jamais dit officiellement, mais l’Ondine devait aussi faire de l’ombre à la Simca Aronde P60 Montlhéry, très populaire dans les années 60. Même gabarit, même cible urbaine, même créneau de prix. Résultat : une guerre marketing discrète entre deux géants français de l’époque.
3. L’Ondine Gordini, la sportive cachée
La Renault Ondine Gordini n’est quasiment jamais mentionnée dans les catalogues de l’époque, car elle fut vendue sous forme de “série spéciale”. Pourtant, c’est elle qui posera les bases de ce que deviendra la Renault 8 Gordini quelques années plus tard. Elle annonçait donc déjà une transition vers une image plus sportive de la marque.
Pourquoi collectionner une Renault Ondine aujourd’hui ?
- Rareté croissante : modèle oublié, donc encore abordable… mais plus pour longtemps
- Facilité d’entretien : pièces disponibles grâce à la compatibilité avec la Dauphine
- Look vintage assumé : parfaite pour balades rétro, shooting photo ou événements vintage
- Confort surprenant pour l’époque
FAQ sur la Renault Ondine
Combien coûte une Renault Ondine aujourd’hui ?
- En bon état : 5 000 à 8 000 €
- Restaurée ou rare Gordini : 8 000 à 12 000 €
Est-elle fiable ?
Oui, si bien entretenue. Le moteur Cléon est robuste, mais l’électricité et la corrosion peuvent poser problème.
Peut-on rouler tous les jours avec ?
Techniquement oui, mais attention, freinage faible, pas d’ABS ni direction assistée et surtout, pas de ceinture ! Elle est donc capable de se fondre dans la circulation mais mérite une conduite souple et adaptée à ses capacités. Idéale pour les sorties loisirs donc 😉
En résumé
La Renault Ondine de 1961, c’est :
- Une version élégante et féminine de la Dauphine
- Une voiture pensée pour séduire un public plus chic
- Un petit bijou de nostalgie française à redécouvrir
- Une rareté à ne pas laisser filer pour les amateurs de véhicules vintage
- Elle est à réserver et à louer sur Wedrivit, plateforme 100% sécurisée et bénéficiant d’une assurance sans stress 😉


